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Faîtage en tuiles canal : maçonné ou à sec, réparation et prix

Couvreur avec harnais reprenant au mortier de chaux un faîtage en tuiles canal, face aux Alpilles

Le faîtage, c’est la ligne tout en haut du toit, là où les deux versants se rejoignent. On ne le regarde jamais, et pourtant c’est lui qui prend le vent de face et la pluie de plein fouet. Quand il lâche, l’eau passe directement sous les tuiles, au point le plus haut de la maison. Et elle a tout le toit à parcourir pour faire des dégâts.

Sur une toiture en tuiles canal, deux grandes méthodes existent : le faîtage maçonné, à l’ancienne, et le faîtage à sec, plus récent. Voici à quoi sert chacun, comment repérer un faîtage fatigué, et ce qu’il faut savoir avant de le faire réparer.

À quoi sert le faîtage d’une toiture ?

Le faîtage a d’abord un rôle d’étanchéité. Il recouvre la jonction entre les deux versants avec une rangée de tuiles faîtières, pour que la pluie ne puisse pas entrer par le haut.

Il tient aussi le haut de la couverture. Les dernières rangées de tuiles viennent s’y appuyer, et c’est lui qui les protège du vent. Enfin, il peut jouer un rôle dans la ventilation : sur une toiture équipée d’un écran de sous-toiture, l’air qui circule sous les tuiles doit pouvoir ressortir en partie haute, sinon l’humidité reste piégée et finit par atteindre le bois.

Faîtage maçonné ou à sec : lequel choisir ?

Le faîtage maçonné, ou scellé, est la méthode traditionnelle : les tuiles faîtières sont posées sur un lit de mortier, avec des embarrures qui referment les côtés. Le faîtage à sec, lui, se fixe mécaniquement sur une lisse en bois ou en métal, avec un closoir souple qui assure l’étanchéité tout en laissant passer l’air.

Les deux méthodes en un coup d’oeil

CritèreMaçonné à la chauxÀ sec ventilé
AspectTraditionnel, fidèle au bâti ancienPlus net, sans mortier apparent
Tenue au ventDépend de l’état du mortierFixation mécanique, très résistante
VentilationLimitée, à prévoir autrementIntégrée au closoir
EntretienJoints à surveiller et à reprendreFixations et closoir à contrôler
Bâti protégéSouvent attenduAccepté ou non selon le secteur

Alors, lequel ? Il n’y a pas de réponse unique, ça dépend de la maison. Sur une toiture exposée sans contrainte patrimoniale, le faîtage à sec ventilé est souvent le meilleur choix, parce qu’il ne dépend pas d’un cordon de mortier qui finit par fissurer. On en parle dans notre article sur la toiture face au mistral. Sur un mas ancien ou une maison de centre historique, le faîtage maçonné à la chaux garde tout son sens : c’est lui qui respecte l’aspect du toit.

Les signes d’un faîtage abîmé

La plupart des signes se voient depuis le sol, avec une bonne paire de jumelles. Pas besoin de monter sur le toit, et surtout, ne le faites pas : les tuiles sont glissantes et fragiles.

Ce qu’on voit et ce que ça veut dire

Ce que vous voyezCe que ça veut dire
Des morceaux de mortier au sol ou dans la gouttièreLe scellement se désagrège, l’eau va passer
Des fissures le long de la ligne de faîtageLe mortier a travaillé ou a été fait au ciment
Une faîtière déplacée ou absenteUne ouverture directe sur le toit, à reprendre vite
Une ligne de faîtage qui onduleLe scellement a bougé, ou la charpente est à contrôler
Des herbes ou de la mousse en haut du toitDes joints ouverts qui retiennent l’humidité

À l’intérieur, surveillez le haut des combles. Une tache au sommet d’un rampant, sous la ligne de faîtage, est un indice typique. Attention, l’eau peut aussi voyager le long des chevrons et ressortir plus bas : notre article sur la fuite de toiture explique comment remonter à la source.

Votre faîtage a souffert ?

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Réparer ou refaire son faîtage

Quand les faîtières tiennent et que seuls les joints sont usés, une reprise suffit. On dégarnit le mortier abîmé, on nettoie, puis on rejointoie. C’est l’intervention la plus courante, et elle prolonge le faîtage de nombreuses années.

Si plusieurs faîtières bougent, si le scellement se détache sur une grande longueur ou si une ancienne réparation a tout fendu, il vaut mieux refaire. On dépose les faîtières, on les trie et on les nettoie, on remet le support d’aplomb, puis on repose soit à la chaux, soit à sec. Les faîtières saines se réemploient, comme les tuiles canal anciennes du reste du toit.

Un point qui revient sans cesse : le mortier. Sur une toiture ancienne, le faîtage se reprend à la chaux naturelle, pas au ciment. La chaux suit les petits mouvements du bâtiment, là où le ciment, plus dur, finit par fissurer et laisser passer l’eau. C’est le même principe que pour une génoise, l’autre point du toit où le mortier fait toute la différence.

Reste la ventilation. Si le toit reçoit un écran de sous-toiture pendant les travaux, il faut prévoir où l’air sortira. Avec un faîtage maçonné, on passe par des tuiles de ventilation ou des chatières. Avec un faîtage à sec, c’est le closoir qui fait le travail.

Faîtage et bâti protégé

Dans un centre ancien ou aux abords d’un monument, le faîtage fait partie de ce que regarde l’Architecte des Bâtiments de France. C’est le cas dans une bonne partie du vieil Arles, où un couvreur à Arles doit composer avec les prescriptions du secteur, comme dans le centre de Saint-Rémy et autour de ses monuments.

En pratique, on attend le plus souvent un faîtage maçonné, avec des faîtières anciennes et un mortier de chaux à la teinte des joints d’origine. Les règles varient d’un secteur à l’autre : renseignez-vous auprès du service urbanisme avant les travaux. Sur les mas des Alpilles, on retrouve les mêmes faîtages traditionnels, et un couvreur à Saint-Rémy-de-Provence saura les reprendre sans changer l’allure du toit.

Combien coûte la réparation d’un faîtage ?

Un faîtage se chiffre en général au mètre linéaire. Mais entre quelques joints à reprendre et un faîtage entier à refaire sur une grande longueur, il y a un monde. Plutôt qu’un chiffre qui ne voudrait rien dire, voici ce qui fait varier le devis.

Ce qui fait varier le prix d’un faîtage

CritèreEffet sur le devis
Reprise des joints ou réfectionLe premier facteur, de loin
Longueur du faîtageLe prix suit le nombre de mètres à traiter
Maçonné ou à secLe matériel et le temps de pose diffèrent
Accès et hauteurUne rue étroite ou un toit haut compliquent l’installation
Faîtières à remplacerDes faîtières anciennes de récupération coûtent plus cher

Avant de signer, vérifiez que le devis précise bien la méthode, la longueur traitée et le type de mortier. Ce sont des détails qui permettent de comparer et de reconnaître un bon couvreur.

Un faîtage à reprendre ?

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Questions fréquentes sur le faîtage

Quelle différence entre faîtage et faîtière ?

Le faîtage est la ligne haute du toit, là où les deux versants se rejoignent. Les faîtières sont les tuiles posées sur cette ligne pour la couvrir. On parle donc de refaire un faîtage, et de remplacer une faîtière.

Peut-on passer d’un faîtage maçonné à un faîtage à sec ?

Oui, à l’occasion d’une réfection du faîtage. On dépose les faîtières et le mortier, on installe une lisse et un closoir, puis on repose les faîtières fixées mécaniquement. En secteur protégé, vérifiez d’abord que ce changement d’aspect est autorisé.

Faut-il refaire le faîtage quand on refait la toiture ?

Oui, presque toujours. Une réfection de toiture passe par la dépose du faîtage, et c’est le bon moment pour prévoir la ventilation sous les tuiles. Reposer des tuiles neuves sous un vieux faîtage fatigué n’aurait pas de sens.

Peut-on réparer son faîtage soi-même ?

C’est déconseillé. Le faîtage est le point le plus haut du toit, et le travail s’y fait sans appui stable. Il demande une protection contre les chutes et l’habitude de marcher sur des tuiles qui cassent facilement. Un mauvais joint peut aussi aggraver la fuite qu’on voulait arrêter.

Combien de temps dure un faîtage maçonné ?

Plusieurs décennies s’il est bien fait, mais cela dépend beaucoup de l’exposition au vent et de la qualité du mortier. Les joints sont le point faible : faites-les contrôler régulièrement et après les gros épisodes de vent, pour les reprendre avant que l’eau ne passe.

Une assurance prend-elle en charge un faîtage arraché par le vent ?

Cela dépend de votre contrat et des circonstances, notamment de la force du vent. Prenez des photos, déclarez le sinistre à votre assureur dans les délais de votre contrat et faites sécuriser le toit sans attendre. Conservez bien les factures des travaux d’urgence.

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